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Les obstacles au bonheur

La culpabilité nous sépare de Dieu

Extrait: IVI de A Ă  Z, 16 juin 1987 (10.00")
Yvonne Trubert

Confions à notre groupe les culpabilités ou regrets que nous portons en nous depuis, souvent, trÚs longtemps. Libérons-nous de ce poids.

Dieu est bon, Dieu est amour, Dieu n’est pas un juge. Peu importe ce que vous avez fait, peu importe les souvenirs que vous avez, effacez votre passĂ©.

La culpabilitĂ© se cache souvent au plus profond de nous-mĂȘme, on peut prendre des images trĂšs simples de la culpabilitĂ©. Par exemple, Ă©tant enfant on peut avoir fait des bĂȘtises, cela veut dire qu'on peut ĂȘtre, en groupe, conscient d'une fracture d'une jambe, ou d'un bras, ou d'un membre d'un autre enfant. Et pour des raisons x, ces enfants ne le diront pas, ils ne l'ont pas dit aux parents. Cela arrive tous les jours, je l'ai encore entendu hier soir. Ils ont gardĂ© cela en eux. Ce n'est pas grave, on a mis un plĂątre, les enfants ont menti, comme tous les enfants du monde, mais on garde cela au fond de soi-mĂȘme.

On devient adulte, on est pĂšre ou mĂšre de famille, mais on a cela plus des milliers d'autres culpabilitĂ©s en tout genre. Qui n'a pas menti dans sa vie, qui n'a pas fait faux bond, qui n'a pas Ă©tĂ© malhonnĂȘte ? Nous sommes tous malhonnĂȘtes. Qu'est-ce que l'honnĂȘtetĂ© ? On pourrait en dire long. Si on fait un retour sur soi-mĂȘme, on s'aperçoit que nous sommes tous coupables de tant de choses : d'un manque de gĂ©nĂ©rositĂ©... Combien de fois on aurait pu accueillir quelqu'un ? Et on Ă©tait trop heureux de lire un bon livre ou de regarder un match Ă  la tĂ©lĂ©vision - je parle pour n'importe qui. A partir de ce moment-lĂ , on n'a pas reçu la personne qui, elle, venait lĂ  parce qu'elle avait besoin qu'on lui apporte quelque chose.

Pour d'autres, on était en repas de famille et il a téléphoné un peu tard, il était seul, mais tant pis... Et on se culpabilise : pourquoi ne l'a-t-on pas invité ? Un de plus, un de moins, ce n'est pas grave, pourquoi l'a-t-on laissé seul ?

Vous voyez, ce sont des dĂ©tails insignifiants au dĂ©part qui vont faire de nous des monstres car en fait, toutes ces culpabilitĂ©s vont s'amonceler en nous-mĂȘme et, au lieu de faire un bon terreau, elles vont faire un fumier, mais un fumier qui ne pourra pas sortir de lĂ ... Nous allons donc crĂ©er des nĂ©gativitĂ©s Ă  toutes nos formes de pensĂ©es, d'actions et de tout ce que va nous rĂ©vĂ©ler la vie. Nous allons le transporter avec nous comme un poids lourd Ă  porter parce que sitĂŽt que nous nous trouverons devant un Ă©vĂ©nement qui nous rappellera nos fautes, donc nos culpabilitĂ©s, nous verrons l'autre qui sera devant le mĂȘme problĂšme. Il va nous l'expliquer : « Tu sais, c'est terrible, j'ai trompĂ© ma femme, c'est affreux, je suis un salaud tu sais... » On va entendre cela mais comme on en a fait autant, et qu'on ne l'a jamais dit, on va sentir le poids de la culpabilitĂ©. Nous Ă©coutons l'autre mais le poids, lui, est toujours lĂ . Nous allons essayer d'aider l'autre mais nous, qui va nous entendre ? À qui allons-nous le dire ? C'est comme cela qu'on arrive Ă  faire des dĂ©pressions. De l'Ă©tat dĂ©pressif Ă  la dĂ©pression, et puis de l'alcool et de la drogue. Ce sont nos culpabilitĂ©s qui nous poussent Ă  tout cela.

Or, dĂšs qu'on rĂ©alise que tous les poids que nous avons en nous, c'est ce qui nous sĂ©pare de Dieu, car Satan nous connaĂźt bien : dĂšs l'instant oĂč il sait nos failles, il connaĂźt nos structures mais il connaĂźt aussi nos dĂ©structures, il connaĂźt nos possibilitĂ©s, nos impossibilitĂ©s Ă  faire front Ă  certaines choses, Ă  faire face Ă  d'autres. Donc il va jouer sur toutes les facettes de nos culpabilitĂ©s. Alors, le petit garçon qui avait poussĂ© la petite fille dans les orties, c'est lui, c'est l'homme, qui est devenu grand-pĂšre, il a cela au fond de lui-mĂȘme. Lui aussi, il a voulu prendre de force la petite fille qui avait 14 ans, alors que lui en avait 17 : culpabilitĂ© ! Lui aussi il a frappĂ© quelqu'un dans le mĂ©tro un jour alors qu'il Ă©tait en colĂšre, etc. : culpabilitĂ© ! Cet homme-lĂ  est arrivĂ© Ă  la maturitĂ© de sa vie mais il ne s'est jamais libĂ©rĂ© de tout cela. Ce n'est rien, mais c'est Ă©norme ! Ce n'est rien si quelqu'un lui dit que ce n'est rien. Mais comment pourrait-on lui dire que ce n'est rien si personne ne sait ce qu'il a fait ? Il va devoir porter son poids, son fardeau toute l'existence, jusqu'Ă  ce qu'il meure. Et c'est pour cela que les confessions autrefois, avant la mort, Ă©taient importantes car les prĂȘtres leur disaient : « Si vous avez quelque chose Ă  dire, libĂ©rez-vous ». Et lĂ  il libĂ©rait sa conscience, souvent des petites choses qui datent de 30 ans, 40 ans, 50 ans, mais qui sont devenues une montagne dans l'esprit de l'homme qui souffre, parce que c'est l'ombre qui empĂȘche son bonheur. Cela lui pĂšse, ce qui fait la joie de Satan qui va s'ingĂ©nier toute la vie Ă  faire grossir dĂ©mesurĂ©ment des poussiĂšres pour en faire une montagne ; il va faire grossir nos culpabilitĂ©s constamment pour que nous ne puissions jamais connaĂźtre le bonheur. Lui, il s'ingĂ©nie Ă  nous dĂ©truire, puisqu'il ne peut crĂ©er quoi que ce soit. Donc il va s'ingĂ©nier Ă  dĂ©truire ce qui a Ă©tĂ© créé.

C'est à nous, qui connaissons tout cela, de dire aux autres, vous ne vous tromperez jamais en lui disant ceci : « Dieu est bon, Dieu est amour, Dieu n'est pas un juge. Peu importe ce que vous avez fait, peu importe les souvenirs que vous avez, effacez votre passé. » C'est pour cela qu'à Cros, il est si important que les gens sachent qu'ils sont libérés, qu'ils sont lavés, car le point déterminant de l'évolution de l'homme c'est quand il sait qu'il n'a plus rien, que tout est libre, que tout est propre, que tout est lavé, qu'il a offert tout cela à Dieu et que Dieu a tout pardonné. Si l'homme ne se sait pas pardonné, il est incapable de vivre et de survivre. Si l'homme se sait aimé et pardonné, alors toutes les forces lui sont redonnées et il peut combattre tous les adversaires afin d'aboutir à ce qu'il veut. Il faut comprendre et sentir que tout homme, toute femme que vous voyez dans la rue, autour de vous, quiconque, grand'mÚre, mÚre, tous, tout le monde est coupable et tous se sentent coupable.

Donc la culpabilitĂ© est la gangrĂšne de l'homme car on ne peut ĂȘtre libre que si on remet tout ce passĂ© Ă  Dieu. Et c'est pourquoi on comprend la parabole du Christ : « Si tu as des problĂšmes, si tu as des fardeaux, laisse ton fardeau, Je le porterai Ă  ta place. » Parce que le Seigneur sait combien l'homme est petit et combien un fardeau est lourd Ă  porter, pour nous, pour chacun d'entre nous. Lui est capable de le porter parce qu'Il le sublime. Il sait que nos failles, nos culpabilitĂ©s, qui sont Ă©normes Ă  nos yeux, n'ont aucun sens pour Dieu, mais cela personne ne le sait. Et il marche avec son fardeau qui lui pĂšse lourd chaque jour davantage. C'est pourquoi un ĂȘtre ne peut trouver le bonheur que s'il a possibilitĂ© justement d'allĂ©ger ce fardeau, de se libĂ©rer de toutes ses culpabilitĂ©s qui se sont enfoncĂ©es au fond de lui-mĂȘme, qui sont un poids.

D'ailleurs, vous le voyez bien, quand on harmonise des gens, quand on est en contact avec des malades qui nous parlent pour la premiĂšre fois, on est Ă©tonnĂ©, vous-mĂȘmes vous l'avez constatĂ©, d'entendre des gens nous dire des choses Ă©tranges, Ă©tonnantes, des choses qui n'ont aucun sens pour nous : « Vous savez ma cousine, c'est terrible, j'avais signĂ© un acte, vous comprenez, moi je ne croyais pas faire mal, j'avais signĂ© un acte mais je ne savais pas que je la dĂ©possĂ©dais. » Des choses dont ils ne peuvent pas arriver Ă  se libĂ©rer, ces gens-lĂ  ont parfois plus de 70 ans quand ils peuvent nous le dire.

Bien sĂ»r que l'on commet des erreurs, mais qui n'en commet pas ? C'est pour cela qu'on doit s'acharner Ă  libĂ©rer, libĂ©rer et Ă  faire sentir Ă  tous les coupables qu'ils sont aimĂ©s par Dieu, tels qu'ils sont, dĂšs l'instant oĂč ils essaient de se transformer, donc d'ĂȘtre mieux.


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🎧 Le mensonge Ă  soi-mĂȘme